des micro-jardins poètiques à la Belle de Mai

Ce projet part d’une idée de créer des passerelles entre un patrimoine culturel, des monuments architecturaux, des plantes et des habitants, reliés par le fil conducteur de balades urbaines racontant l’histoire de la Belle de Mai.

Notre quartier est la mémoire d’une histoire industrielle et marchande, avec ses friches de comptoirs et de manufactures. Et ce qui nous plaît, c’est de découvrir que ce patrimoine est aussi le narrateur d’une histoire végétale : le tabac, les vignes, la rose, les épices… Ces graines et ces plantes venues par bateau, des quatre coins du monde, en transit ou en acclimatation dans nos entrepôts. Mais aussi, toutes ces pousses sauvages qui tentent de reprendre leur droit sur le béton, en se glissant dans les interstices des façades, comme des surprises poétiques…

L’idée est donc d’inventer des promenades itinérantes au détour de ces édifices, de cultiver des micro-jardins qui racontent ces histoires, et de s’emparer de bouts de murs sur lesquels des mots et des dessins viendraient exprimer l’imaginaire et la poésie de ces souvenirs.

Voici donc une envie de nous approprier notre quartier, par la transmission de ce patrimoine commun et l’enrichissement de ce que nous allons forger ensemble pour marquer son empreinte. Bien sûr, la démarche se fera dans un élan de lien grégaire, au travers d’initiatives participatives. Car faire vivre l’héritage de ce patrimoine partagé pourrait joliment constituer une identité collective de ce bout de ville qu’est notre Belle de Mai.

Par delà le projet d’investir l’espace public, de créer du lien entre les habitants, d’accueillir et promener les visiteurs, de valoriser le patrimoine culturel, ou encore d’embellir le paysage ; il y a cette envie de mettre en balance une architecture figée et une botanique vivante. L’une s’érigeant sur un territoire connu et reconnu, l’autre qui investirait des espaces mal définis, délaissés urbains. Elles seraient toutes deux porteuses d’histoires légendaires ou anecdotiques racontant le quartier. Le narrateur de cette Histoire n’est autre que ce micro-jardin, cet édifice, ce poème, ou encore cette fresque. Et l’acteur : le jardinier, l’habitant, le passant, le conteur ; tous rêveurs. C’est ainsi que le promeneur pourra déambuler au fil des rues tel un lecteur qui voyage au fil des pages.

La finalité : les graines d’une histoire passée ayant germé, enracinant l’identité du quartier ; nous pouvons maintenant envisager l’avenir. De nouvelles fleurs pour une nouvelle configuration urbaine. Ce que la friche est à l’architecture, le micro-jardin le sera au paysage : un merveilleux désordre. Le temps de la norme, de la systématisation et de l’ordre doit être révolu. Entrons de plein pied dans l’ère de la dé-standardisation, de la singularité, de l’originalité. Car, « L’ambition de déroger à la norme découle d’un constat : celui d’une incapacité fondamentale des standards, à tenir compte des véritables défis de la vie, plurielle et complexe. Le hors normes se veut une prise en compte lucide de la diversité effective qui compose une collectivité d’habitants. » (Patrick Bouchain, architecte, président de la SCIC – Friche Belle de Mai)

Sarah, micro-jardinière-en-herbes

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